Écouter la route

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J’avais écrit un article avec des conseils sur les différentes façons d’écouter de la musique à vélo de la façon la plus sécurisée qu’il soit (car oui, c’est possible), mais devant les annonces de loi récentes, j’ai dû annuler cette publication.

En effet, le gouvernement a décidé que seraient interdites les oreillettes dits « kits mains libre » dans les voitures et à vélo, mais également les casques (de musique) à vélo à partir du 1er juillet 2015.

L’idée n’est pas forcément dénuée de sens en ce qui concerne les oreillettes, que ce soit en voiture ou à vélo, car la concentration demandée pour se concentrer sur ce qu’on entend dans l’oreille et ainsi pouvoir tenir sa conversation est supérieure à celle dont on a besoin pour écouter une personne physiquement présente.

Or cette concentration détournée peut faire défaut lors d’une situation dangereuse où elle aurait dû être portée sur la circulation.

Pour la musique, l’écoute à bas volume permet d’avoir une ambiance sans demander de concentration et revient à l’écoute de l’autoradio dans une voiture.

Le problème n’est pas en soi de ne plus pouvoir écouter de musique à vélo, les gens le feront quand même, ils partageront simplement la musique avec tous les piétons présents (merci pour eux), et le besoin est loin d’être vital. Le problème est surtout dans le principe de décision de cette loi.

Pourquoi est-ce que l’on souhaite interdire les écouteurs à vélo ? Parce qu’ils empêchent d’entendre les bruits de la circulation.

Outre le fait que le seul danger réellement mortel que l’on peut entendre dans la circulation est encore et toujours l’automobile et que les autres usagers en pâtissent encore sans avoir rien demandé (voir article précédent), on part donc du principe qu’il est normal que des éléments de la circulation soient bruyants et que c’est même grâce à ça qu’on peut être en sécurité.

Donc non seulement on approuve les bruits gênants de la circulation, mais on nous force en plus à les écouter.

Le problème ne s’arrête pas là : comment sont donc pris en compte les éléments non bruyants de la circulation ? Si on suit cette logique, ils ne devraient plus avoir le droit de circuler car on vient de montrer avec cette loi que le son était primordial dans la sécurité routière.

Un vélo ne fait pratiquement aucun bruit, un piéton encore moins, la plupart des rollers non plus. Ceci pose déjà un réel problème dans le sens où les gens ne se fient justement qu’à leur ouïe pour vérifier la circulation et ne regarde pratiquement jamais la route.

Combien de cyclistes ont vécu cette situation lors d’un croisement de passage piéton, un piéton traversant et n’entendant pas de bruit de moteur, allant bon train vers l’autre côté et manquant de provoquer un accident. « On ne vous entend pas arriver ! » Bah non, en effet, certains usagers de la voie publique sont plus discrets que d’autres.

Pourtant, ça semble en gêner certains. Je me souviens d’un jour où je quittais mon domicile à vélo par une toute petite rue dans laquelle les piétons ont l’habitude de marcher sans aller particulièrement sur les trottoirs (et je les soutiens sur ce niveau, l’espace publique étant à tout le monde) : j’ai doublé un piéton qui s’est mis à tourner au même moment pour grimper sur le trottoir en évitant l’accident de justesse. Le piéton m’a alors rétorqué : « il faut rajouter un moteur (thermique, qui fait du bruit, n.d.a.) sur votre vélo, on ne vous entend pas arriver ! ».

Ajouter un moteur bruyant à mon vélo qui enlèverait tout ce qui fait l’intérêt d’un vélo pour qu’on puisse m’entendre arriver, j’avoue ne pas y avoir pensé !

A tout cela s’ajoute la question des rollers : assimilés aux piétons dans le code de la route, ils auront théoriquement le droit de porter des écouteurs. Pourtant, ils peuvent aller à la vitesse de circulation d’un vélo en pleine ville et présentent plus de risques (freinage moins précis, équilibre précaire), la situation est donc totalement absurde.

Encore une fois, la voiture décide pour tous de ce qui est bon pour notre sécurité lorsqu’elle est seule à représenter un réel danger, bienvenue dans le monde de l’automobile.

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La loi du plus fort

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Devant un triste constat (1 enfant tué par mois à vélo), une opération menée par une assurance a été reconduite devant la demande de l’éducation nationale et de la direction à la sécurité et à la circulation routières : il s’agit d’une sorte de « permis vélo » (sans validité légale, ce n’est que de la prévention) durant laquelle on apprend à nos enfants à maîtriser leur sécurité sur la route.

La plupart des automobilistes et/ou parents voient très certainement ce genre de projets d’un très bon œil : apprendre à nos enfants à faire face aux dangers de la route, c’est s’occuper de leur sécurité et donc les protéger.

Ceci ne me paraît pourtant pas être dans la bonne logique des choses. Doit-on l’apprendre également aux chats, aux hérissons, et aux divers animaux écrasés sur le bord des routes régulièrement ? Les enfants vont-ils devoir également passer un permis piéton, puisqu’il est fréquent qu’en jouant sur le trottoir, l’un d’eux finisse sur la route ?

Il convient bien évidemment aux parents et à l’éducation nationale d’éduquer les enfants sur les dangers qu’ils encourent dans le monde extérieur (ainsi qu’à leur domicile) mais axer une campagne sur la prévention des enfants me semble viser la mauvaise cible.

Ceux qu’il faut éduquer, ce sont ceux qui sont dangereux, ce n’est pas aux enfants d’apprendre à faire particulièrement attention aux voitures mais aux automobilistes d’apprendre à faire particulièrement attention aux enfants, aux piétons de façon générale, aux animaux et à tout être évoluant dans l’espace public.

La réponse des automobilistes est souvent la même : « il faut bien qu’on ». Ainsi, il faut bien qu’on puisse rouler sans faire attention à tout, il faut bien qu’on puisse se garer quelque part (excuse majoritaire donnée lors d’un reproche sur un stationnement ou un arrêt sur trottoir ou sur piste cyclable), en bref, il faut bien qu’on puisse vivre avec notre automobile et il faut bien qu’on puisse tout faire avec notre automobile, quitte à nuire au reste de la population : ils n’auront qu’à s’adapter.

On en vient donc à expliquer aux parents avec des poussettes qu’ils peuvent parfaitement changer de trottoir s’ils sont gênés par un mauvais stationnement, à expliquer aux enfants que leur lieu de vie quotidienne est très dangereux et qu’ils doivent être armés jusqu’aux dents en matière de prévention avant d’oser faire un pas dehors, pendant qu’on explique aux automobilistes qu’on a prévenu les autres et qu’ils peuvent rouler et se garer tranquillement afin de profiter au maximum de leur outil de déplacement indispensable.

Pendant ce temps, on applique des lois pour faire bonne mesure interdisant les stationnements ou arrêts sur les trottoirs ou les pistes cyclables ou réduisant la vitesse des automobiles à  30 km/h dans la plupart des quartiers très fréquentés ou sur les routes à caractère dangereux, et on ne les applique jamais ou qu’à titre très exceptionnel.

Ceci suffit pourtant à faire crier au scandale le corps automobiliste sur le fait qu’ils sont pris pour des « vaches à lait », qu’on en veut à leur argent et que ces lois ne sont absolument pas justifiées puisque leur automobile n’est absolument pas dangereuse : la preuve, on apprend aux enfants à passer le permis vélo pour que les voitures soient moins dangereuses.

Le dernier arrivé dans l’espace commun et le plus dangereux a donc eu gain de cause et les autres n’auront qu’à lui laisser la place.

Lafontaine le disait : la loi du plus fort est toujours la meilleure.

La voiture : le moyen de déplacement absolu sur longue distance

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Il y a peu, nous discutions mariage et voyages de noces avec des collègues. J’ai expliqué que, pour notre part, nous n’avions pas fait de voyage pour diverses raisons (principalement budget, mais également pas de volonté de voyager à ce moment, tout étant une question de priorité).

La réponse de l’un d’entre eux m’a un peu laissé sur place : « de toutes façons vous ne pouvez pas vraiment voyager, à vélo vous n’allez pas aller très loin… »

Où l’on apprend deux choses : Le fait qu’on soit limité à quelques kilomètres avec un vélo et le fait que la voiture soit l’unique moyen de voyager sur de longues distances.

Pour la première chose, le tourisme vert a encore du mal à trouver une visibilité auprès du grand public mais il existe pourtant de vraies possibilités de voyager à vélo sur de très longues distances. Certains vont même jusqu’à faire le tour du monde à vélo !

Sans aller jusque là, il a été mis en place plusieurs vélo-routes avec des tracés européens très intéressants permettant de parcourir de très longues distances en traversant plusieurs pays de façon sécurisée et adaptée pour le voyage à vélo.

Tous les trajets sont loin d’être finalisés, mais certains comme l’eurovélo 6 (débutant par la Loire à vélo)  ou l’eurovélo 1 sont très avancés et permettent, après un minimum de préparation malgré tout, de très beaux voyages et de réels « road trips » à vélo de plusieurs milliers de kilomètres.

La préparation physique n’est pas réellement nécessaire (il ne s’agit pas d’effectuer une traversée de l’Europe à 40 km/h de moyenne, ni de faire 200 bornes par jour) mais une habitude du vélo, même en ville, est nécessaire, ne serait-ce que pour habituer le corps à certaines postures et ainsi éviter les courbatures et les douleurs au fessier. Ces douleurs sont principalement dues au maintien de certaines positions et de certains appuis pendant de longs moments, mais l’effort physique, lui, est très modéré et non générateur de douleur lorsqu’on est en bonne santé générale.

Pour la deuxième chose : Rien ne vous oblige à voyager à vélo si ce n’est pas votre truc, aller au boulot à vélo et traverser le pays à vélo sont deux choses différentes, et le voyage à vélo n’est pas nécessairement au goût de tous. Pour cela, il existe un système de transport public sur longues distance qui a aujourd’hui plus d’un siècle : le train !

Et nonobstant son côté polluant, l’absence de voiture n’empêche absolument pas de prendre l’avion pour les très longues distances, les aéroports étant aujourd’hui souvent accessibles via des navettes partant des principaux centre-villes et ceux de Paris étant accessibles via le RER.

L’absence de voiture n’a donc jamais été un frein aux voyages et ce genre de réactions imaginant qu’ « au delà de l’automobile point de salut » me laissera toujours pantois…

Faut-il respecter le code de la route ?

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Avant toute considération et toute analyse de la question, la réponse est oui : la loi indique que le respect du code de la route est obligatoire pour toute personne empruntant la voie publique, sans distinction.

Cela étant dit, il n’est pas interdit d’y réfléchir.

Beaucoup font la distinction entre motorisés et non-motorisés en partant du principe que le non respect par les non-motorisés est moins grave que par les motorisés, même si ces derniers sont les premiers à pointer du doigt celui des non-motorisés (vélos, piétons, rollers, etc)

Cela dépend pourtant toujours d’un paramètre : est-ce que la vie d’autrui et/ou la sienne est mise en danger, ou non.

Si une personne est en voiture, et que par un moyen quelconque, elle est assurée que personne ne croisera sa route, peu importe qu’elle grille un feu ou pas, il n’y aura aucune conséquence.

Le problème est qu’il est très compliqué d’avoir cette certitude quand on est enfermé dans un habitacle avec le bruit du moteur, le non respect du code en voiture semble donc être très hasardeux.

Maintenant à vélo, tant qu’on est assuré que personne ne croisera sa route, peu importe également, mais le problème est que l’on croit parfois que personne ne croisera sa route jusqu’au jour où un vélo ou un piéton que l’on n’avait pas vu, voire qu’une voiture particulièrement silencieuse dans un moment d’inattention croise la route à ce moment.

Il est une certitude : l’accident provoqué par un motorisé sera pratiquement toujours plus dangereux que par un non motorisé, les vitesses et les masses mises en causes n’étant pas les mêmes, mais faut-il laisser de côté tous les autres risques ?

En ce qui me concerne, je respecte la signalisation routière par choix personnel. Il m’arrive parfois de manquer de me faire renverser par un autre deux roues non motorisé ou de manquer de faucher un piéton et de chuter car ces derniers n’ont pas respecté la signalisation. Quelle sera l’attitude à adopter le jour où l’accident, même bénin, aura lieu ?

Une connaissance s’est retrouvée dans ce cas : alors qu’elle empruntait une piste cyclable séparée de la voie pour motorisés par un terre-plein, un cycliste est arrivé à contresens et l’a fauchée. Elle s’est alors retrouvée avec un bras dans le plâtre.

Elle est allée au commissariat pour expliquer l’incident mais personne n’a souhaité prendre acte de sa déclaration : à vélo, on assume.

Entre autre exemple de discussion avec les pouvoirs compétents, l’épreuve consistant à faire remarquer les trottoirs régulièrement assaillis par les stationnement gênants est également éloquente.

La loi semble donc obliger les non-motorisés à respecter le code de la route mais ne semble pas les protéger.

Prenons a présent en considération le fait que le code de la route ayant été d’abord prévu pour les automobiles, puis ajusté pour les non-motorisés par des automobilistes ayant rarement une conscience réelle des dangers vécus par les non-motorisés, n’est pas toujours adapté à la circulation de certaines catégories d’usagers de la voie publique (vélos, rollers).

Ainsi, les rollers étant considérés par le code comme des piétons, ils ont l’obligation de circuler sur les trottoirs au milieu des vrais piétons, et ce, quelle que soit leur vitesse : cela rend les patins totalement inutiles en tant que moyen de transport et met autant en danger les piétons que la personne à rollers.

On en vient ainsi à ne pas respecter la loi et à emprunter les pistes cyclables réservées aux cycles pour la sécurité et le confort de tous.

Il en va de même pour certaines pistes cyclables obligatoires (toutes ne le sont pas) particulièrement mal réfléchies et pouvant mettre en danger les cyclistes. Il convient dans certains cas d’emprunter la voie pour motorisés afin d’assurer sa sécurité, tout en bafouant les lois.

Alors respect ou non, deux choses doivent venir systématiquement à l’esprit : le non respect m’apporte-t-il réellement quelque chose (gagner 5 mn ne vous sauvera pas la vie) et suis-je CERTAIN que je ne gênerai PERSONNE ?

A partir du moment où l’on a un doute sur l’une de ces deux conditions, j’invite, pour ma part, les différentes personnes à respecter le code de la route afin que tout se passe pour le mieux.

Comment choisir son lieu d’habitation sans voiture ?

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On l’a vu plusieurs fois : ne pas posséder de voiture peut être un choix ou une contrainte.

Quelque soit la raison, ne pas se déplacer en voiture dans une société qui dirige les gens vers le tout automobile nécessite certains choix et certaines contraintes dans le choix de l’habitation.

Il est évident que cet article ne s’adresse pas aux personnes qui se déplacent en automobile et qui auront d’autres critères de choix (choisir un emplacement loin des bouchons, un endroit où la voiture pourra être stationnée en sécurité, repérer les points de ravitaillement en carburant disponibles, etc.).

Il ne s’agit pas ici de porter un jugement de valeur sur le bien-fondé du déplacement automobile mais de mettre en avant les critères majeurs de choix d’un logement lorsqu’on se déplace autrement.

Ainsi, il est important de noter que c’est bien le conditionnement du déplacement qui influera sur le choix du logement et non l’inverse. Toutes les personnes affirmant aujourd’hui qu’elles sont dépendantes de leur automobile pour aller travailler n’auraient jamais pu faire leurs choix de logement ou de travail si elles avaient été dans l’incapacité de conduire.

C’est donc l’automobile qui a permis un certain éloignement des distances et non l’éloignement des distances qui a impliqué l’usage obligatoire de la voiture.

Avant toute chose, il faudra noter que le budget mensuel moyen (que ce soit pour un loyer ou pour les traites d’un crédit) est légèrement augmenté lorsqu’on ne possède pas d’automobile : pas d’assurance, pas de frais d’entretien, pas de carburant, pas de crédit auto, le deuxième poste de dépense des ménages peut passer entièrement dans le premier : le logement.

Contrairement aux idées émises par les défenseurs de la « nécessité de la voiture », les déplacements en voiture correspondent principalement aux populations aisées et les autres modes de déplacements touchent principalement les moins aisées (source : Insee)

Le choix se fera principalement sur la première raison de déplacement quotidien : le lieu de travail.

Deux situations se présentent (avec une troisième : celle du travail à domicile ne nécessitant pas de déplacement) :

Lorsqu’on est à la recherche d’un travail, il sera préférable de cibler les logements à proximité des bassins d’emploi que l’on vise (pépinières d’entreprises, centres-villes, centres d’affaires, centres commerciaux) ou à proximité d’un hub de transports en commun desservant les principaux bassins visés (zones industrielles, aéroports, gares, hôpitaux, écoles, etc.).

Contrairement à une autre idée reçue, ces endroits ne sont pas nécessairement situés en zones urbaines (beaucoup de zones commerciales, de zones industrielles, de gares ou d’aéroports disposent de transports en commun les reliant à des zones rurales proches par exemple).

Lorsque l’on possède déjà un emploi, l’idéal est bien évidemment d’habiter le plus proche possible de celui-ci, mais il peut également être intéressant d’habiter à proximité de transports en commun reliés à ce dernier afin d’envisager un éventuel changement.

Le plus difficile n’est finalement pas d’habiter proche de son emploi (les lieux de travail ne sont pas nécessairement situés à côtés de logements onéreux) mais d’habiter proche des deux emplois d’un ménage.

Si les deux personnes ou si l’une des deux est en recherche d’un emploi, les critères ne changeront pas beaucoup : il s’agira d’habiter un endroit permettant de se rendre à un maximum d’emplois.

Si les deux personnes possèdent déjà un poste, la situation est plus compliquée. L’idéal est de trouver un logement proche de l’un des deux lieux de travail et proche d’une gare : l’un pourra ainsi s’y rendre en transport et l’autre en vélo/à pieds ou autre.

Il existe évidemment des situations ou il n’est pas possible de se passer de voiture pour au moins l’un des deux postes : ces situations sont en générales induites par un choix initial réalisé avec l’idée d’un déplacement automobile. Dans le cas contraire, il n’y aura d’autre choix que de changer de travail pour l’un des deux (pour rappel, cet article s’adresse à ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas utiliser d’automobile).

Dans le cas d’une activité salariée, l’autre critère principal pour les personnes qui ont ou qui souhaitent avoir des enfants sera la présence proche de crèche, de nourrice ou d’école : s’il faut choisir, il vaut mieux habiter plus proche de ces lieux que de son travail, il en ira de l’autonomie future des enfants qui ne peuvent de toute façon pas conduire et cela permettra de les déposer rapidement en n’impactant son trajet domicile – travail que de quelques minutes.

Là encore, il n’est pas nécessaire d’habiter en pleine zone urbaine dense, la plupart des petites villes de quelques milliers d’habitants possédant une école.

Un critère important également est la possibilité de se ravitailler : épiceries, supérettes, petits commerçants seront idéalement situés à 10 km maximum.

Et enfin, un dernier critère indispensable pour les personnes qui souhaitent se déplacer régulièrement au-delà de leur zone de vie (aller voir de la famille ou des amis à l’autre bout du pays, partir en vacances) : s’assurer de pouvoir être relié facilement à une gare nationale, soit en habitant proche de cette gare, soit en habitant proche d’une petite gare la reliant directement.

Tous ces critères peuvent sembler restrictifs et le sont (la société tendant de plus en plus vers le tout voiture), mais ils offrent pourtant une grande variété de choix couvrant un large éventail de budgets et une large palette de milieux différents (de la petite ville de quelques milliers d’habitants à la grande agglomération en passant par les petites banlieues, sans oublier la campagne éloignée de tout pour ceux qui souhaitent vivre de la campagne).

Pour ceux qui souhaitent utiliser leur voiture pour la totalité de leurs trajets et être propriétaire de leur pavillon, les lotissements périurbains restent la référence.

En quoi favoriser la société de l’automobile handicape une partie de la population

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Contrairement à ce qu’avancent beaucoup d’automobilistes, la voiture est un luxe et tout le monde n’y a pas accès.

Plusieurs commentaires sur les précédents articles de ce blog l’ont montré : beaucoup pensent que se passer de voiture est une chance que tout le monde n’a pas et que, la situation de beaucoup obligeant à prendre la voiture même contre son gré, et la plupart des personnes prenant conscience des problèmes liés à la sur-présence de l’automobile, il est préférable d’encourager les solutions alternatives à la voiture à base de … voiture.

Entre autres exemples : le covoiturage, l’autopartage, la voiture électrique, etc.

Comme présenté dans l’article sur l’autopartage, le problème de ces solutions est qu’elles ne remettent pas en cause la société de l’automobile : elles maintiennent la voiture comme élément indispensable pour certaines situations ou pour certains choix de vie et conforte donc les choix de vie impliquant l’utilisation d’une voiture, comme le fait d’habiter loin de son travail ou des services.

Le problème est que tout le monde n’a pas la possibilité de conduire : certains n’ont pas les moyens de passer le permis de conduire, d’autre ont une incapacité physique ou mentale à conduire, certains autres ont perdu leur permis, d’autre encore ont simplement une aversion pour la conduite, etc.

Or toutes ces personnes se retrouvent contraintes à utiliser d’autres moyens de transport tels que les transports en commun, le vélo, la marche, les rollers ou autre, selon les capacités, les volontés et le budget de chacun.

Aujourd’hui, il est encore possible de faire le choix de ne pas utiliser de voiture (voir l’article sur les idées reçues sur la nécessité de l’automobile), mais il est rendu de plus en plus compliqué : la preuve, certains vont jusqu’à penser qu’il est impossible de s’en passer à notre époque.

Ceci est grandement dû au fait que l’automobile encourage l’automobile et que la société s’est et se construit autour des déplacements motorisés sans tenir compte des laissés pour compte qui n’ont pas accès à l’automobile ou de ceux qui ne veulent pas l’utiliser par convictions personnelles (parmi lesquelles celle de ne pas favoriser la société de l’automobile pour les raisons citées).

Lorsque l’on prend en compte le fait que ces personnes peuvent être de potentielles victimes de l’insécurité de la circulation automobile, des conséquences de la pollution atmosphérique, des frais engendrés par et pour l’automobile reportés sur les impôts de tous, on peut se demander si devoir se passer de l’automobile est réellement le luxe vanté par les personnes « obligées » de l’utiliser.

Représentation de l’espace et du temps

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Il me semblait évident d’avoir plus ou moins les mêmes repères que tout le monde pour indiquer telle ou telle ville dans un espace géographique donné : depuis toujours, j’entends les gens placer Lille au nord de la France, Marseille au sud, Strasbourg à l’est, Nantes à l’ouest et tout le monde semble conscient qu’aller de Lille à Marseille, c’est traverser le pays.

Il me semblait également évident qu’il en allait de même pour les localités proches de son lieu de vie, or il n’en est rien : Le rapport à l’espace est complètement différent selon que l’on soit automobiliste ou non.

J’entends par automobiliste une personne qui utilise sa voiture quotidiennement et qui ne réfléchit pratiquement qu’en terme de trajet automobile.

Celle à qui sont destinés les panneaux publicitaires annonçant le prochain supermarché à 5 minutes … en voiture, sans le préciser, comme si le seul moyen d’y accéder était forcément en automobile.

Une collègue, automobiliste de son état, a prévu un déménagement prochain dans la région et m’a récemment indiqué le nom de sa nouvelle ville hôte. Cette ville étant une petite localité peu connue au-delà des 2 km qui l’entourent, j’ai demandé des précisions quant à sa localisation.

La réponse était pour le moins déstabilisante pour un non automobiliste comme moi : c’est en direction de Bordeaux vers telle sortie.

Telle sortie de quoi ? Habitant dans la région nantaise, « en direction de Bordeaux » ne signifie pas grand chose d’autre que « vers le sud » ce qui est relativement vague lorsque j’attends une précision de localisation.

Il s’agit en fait de la sortie d’autoroute sur celle qui mène à Bordeaux. J’ai bien évidemment compris après coup de quoi elle voulait parler, mais il m’a fallut un temps d’adaptation pour comprendre qu’elle me répondait en langage automobiliste et qu’elle utilisait des repères que je n’ai absolument pas : je n’ai strictement aucune idée d’où est située cette autoroute et je ne connais aucune de ses sorties.

Après un regard sur une carte, j’ai pu découvrir l’emplacement de sa nouvelle ville d’accueil et ai pu la localiser par rapport aux trois ou quatre localités qui la séparaient de Nantes.

Mais les surprises ont continué : géographiquement parlant, son nouveau lieu de vie est plus éloigné que sa ville actuelle : à vol d’oiseaux ou en suivant l’une ou l’autre route qui semble y amener, cette ville est plus éloignée de quelques kilomètres. Elle m’a pourtant soutenu que cette ville était plus proche et qu’elle se rapprochait ainsi de son lieu de travail.

Comment est-ce possible ? Est-ce que les mots « proche » ou « éloigné » ont un sens différent que l’on soit automobiliste ou non ? Eh bien il semblerait que oui.

Lorsqu’on suit son raisonnement, elle s’est effectivement rapprochée de son lieu de travail puisqu’elle met moins de temps qu’avant pour y parvenir en utilisant le même moyen de transport. Sa ville actuelle a beau être plus proche géographiquement, les routes qu’elle doit emprunter pour accéder à son lieu de travail lui permettent d’aller infiniment moins vite que l’accès direct à l’autoroute que lui offre son futur lieu de vie.

Ainsi, la différence de perception est non seulement liée à l’espace, mais également au temps : il est plus rapide d’effectuer ce nouveau trajet que d’effectuer l’ancien malgré l’éloignement.

Or à vélo ou à pieds, plus une ville est éloignée géographiquement d’un point de départ, plus on mettra de temps pour y accéder.

Après réflexion, ceci est vrai également lorsqu’on voit son trajet par rapport aux transports en commun : il est par exemple bien plus rapide d’accéder à un endroit lorsqu’on est situé sur une ligne de train qui y mène que si l’on est plus proche géographiquement de la destination mais qu’il n’existe aucun transport direct permettant d’y accéder.

Ainsi, les déplacements de banlieue à banlieue sont bien souvent rendus extrêmement difficiles en transport en commun car la plupart des trajets passent par la ville centre, sauf si on habite directement sur la ligne qui permet d’accéder à sa destination.

En ce qui concerne la représentation de l’espace, il est intéressant de noter qu’elle est également influencée par les repères habituels des transports en commun. Ainsi, lorsque je me rends sur Paris, j’ai beau me déplacer à vélo, on m’indique toujours la station de métro la plus proche pour me situer un endroit.

Fort heureusement, il est plus facile de trouver un plan de métro de Paris qu’un plan de la ville.

Les inconvénients de l’automobile

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Beaucoup d’automobilistes pointent souvent les inconvénients du vélo (effort physique à fournir, intempéries, moindre distance réalisable qu’avec une auto) et des transports (contraintes horaire, affluence de passagers) et prônent la voiture comme solution miracle à tous les problèmes de transport.

L’auto présente pourtant beaucoup d’inconvénients très peu souvent mis en avant.

Il faut dire que l’imaginaire collectif dirigé par les médias n’aide pas : En France, le vélo est mis en avant une fois par an au mois de juillet : pendant le Tour de France. Ainsi, le vélo est affiché comme un accessoire sportif destiné à faire un effort physique important et non adapté aux déplacements quotidiens, un peu comme si la seule représentation de la voiture était les grands-prix de Formule 1.

Mais ce n’est pas le cas. La voiture, elle, est sur-représentée, et toujours à son meilleur avantage : elle est ainsi familiale pour les pères de famille, petite et pratique pour les femmes, « racée » pour les amoureux de l’automobile ou pour les consommateurs compulsifs à gros moyen, et toujours très agréable à conduire en offrant un sentiment de liberté inégalé.

La publicité présente la voiture de deux façons : dans la nature pour les grosses voitures (qui seront pourtant utilisées à 95 % de leur temps en ville) et en ville sans aucune circulation pour les citadines présentées comme pratiques.

Ainsi, on nous montre comment les voitures se garent toutes seules (notons qu’un vélo prend 10 secondes à garer et que la question ne se pose même pas avec les transports en commun ou à pieds) mais jamais on ne nous les présente en situation d’embouteillage ou pendant que l’on recherche une place de parking pendant de longues minutes.

On la voit également beaucoup dans les films et dans les séries ou elle est cette fois présentée comme le bolide qui offre l’adrénaline et les sensations fortes, l’objet qui rend le personnage de fiction puissant, rapide et viril.

Le vélo, lui, est présenté comme moyen de transport pour les enfants, comme jeu, ou à prendre quand on n’a pas trouvé autre chose dans les situations cocasses comme on aurait piqué la planche de skate du gamin qui passait par là.

On a donc, outre les nombreux préjugés sur le vélo (on a froid à vélo, c’est inconfortable, on ne peut rien transporter avec, etc.), une vision idyllique mais faussée de l’automobile.

Le plus gros problème de la voiture reste les embouteillages permanents des villes saturées. La plupart des citadins pestent contre les services de voirie ou contre la politique municipale de circulation, mais plus l’automobile est favorisée, plus elle empruntera les voies qui lui sont offertes et plus il y en aura. Des études le montrent : la création de nouvelles voiries automobile ne permet pas de déchargement du trafic, elle crée simplement plus de trafic.

Les politiques municipales de circulation actuelles montrées du doigt par les automobilistes agacés de poireauter des heures dans les embouteillages ne sont donc pas en cause : le seul élément responsable de la circulation exécrable des automobiles en ville est l’automobile elle-même.

Ainsi, moins la voiture est favorisée, moins il y en a, mais toujours trop pour une circulation fluide, et plus elle est favorisée, plus il y en a, et donc toujours trop pour une circulation fluide.

L’autre inconvénient majeur est le coût que représente l’automobile. Présentée par ses défenseurs comme un moyen peu cher par rapport au train pour voyager, elle revient pourtant beaucoup plus cher au quotidien : c’est le deuxième poste de dépense des ménages : achat et souvent endettement, carburant, assurance, entretien, réparations, péages, l’automobile est un gouffre financier qui fait en plus payer toute la société par les impôts qu’elle engendre (entretien des infrastructures automobiles, sécurité sociale à cause du manque d’activité physique et des accidents de la route).

Ainsi, sans automobile, il est possible de mettre plus d’argent dans un loyer ou dans l’achat d’un domicile et ainsi d’habiter au plus près des services offerts par les villes sans perdre en confort par rapport aux lotissements péri-urbains.

Un autre inconvénient majeur est l’accident qu’elle peut provoquer à tout moment, une sorte d’épée de Damoclès constamment présente lors de tout trajet. Il peut aller du plus bénin (de la tôle froissée qui gâche une journée et qui troue le budget sur un ou plusieurs mois selon la gravité) au plus grave (décès d’un ou plusieurs des accidentés).

Les accidents existent bien évidemment à vélo, mais la plupart des accidents mettant en cause un vélo sans voiture se terminent le plus souvent par des contusions bénignes et des dégât matériel facilement couvrables avec peu de budget.

Ces inconvénients représentent des inconvénients majeurs mais tout comme sont pointés du doigt certains petits inconvénients mineurs à vélo (confort rustique d’une selle) ou en transports en commun (promiscuité des autres passagers), il existe également une série de petits inconvénients mineurs en automobile comme le fait d’être attaché à son siège en permanence (« la voiture c’est la liberté »), de ne pas pouvoir s’arrêter facilement pour se soulager (ma plus grande hantise lorsque je suis contraint d’accompagner des amis en voiture sur de longs trajets, là où les longs voyages à vélo ou en train ne posent absolument aucun problème sur ce point) ou pour se dégourdir les jambes, d’être bloqué à chaque obstacle présent sur la voie (camion poubelle, route barrée, personne incivile qui stationne en double file en gênant le trafic, etc.).

La voiture possède bien évidemment certains avantages que tous les automobilistes sauront mettre en avant, tout comme la plupart des cyclistes sauront mettre en avant les nombreux avantages du vélo, mais il est important de rappeler qu’elle est également un lot d’ennuis quotidien stressant et coûteux à ne pas négliger.

Les idées reçues sur la nécessité de l’automobile

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J’ai évoqué récemment les idées reçues sur le vélo, ces idées selon lesquelles le vélo ne serait pas agréable car faisant réaliser des efforts forcés ou faisant craindre le froid alors que justement, ce fameux effort provoque de la chaleur et qu’on a beaucoup moins froid en arrivant à destination que les automobilistes quittant leur habitacle chauffé pour le froid extérieur créant un contraste désagréable.

Mais de nombreuses idées reçues existent également sur la nécessité de l’automobile.

Chaque fois que j’explique que je n’ai pas de voiture, au lieu de me demander comment je me déplace, on commence d’abord par être dubitatif et on finit par se demander comment j’arrive à mener une vie « normale ».

Les questions les plus fréquentes sont :

– « Mais comment peux-tu faire les courses ? La voiture est indispensable dans ce cas ! »
– « Mais comment fais-tu pour partir en week-end ? La voiture est indispensable dans ce cas ! »
– « Mais comment fais-tu pour amener tes enfants quelque part ? La voiture est indispensable dans ce cas ! »
– « Mais comment fais-tu lorsque tu es pressé ? La voiture est indispensable dans ce cas ! »
– « Mais tu es dépendant des autres à chaque fois ? »

Commençons directement par la dernière question : non, je ne suis dépendant de personne pour me déplacer, je me déplace par mes propres moyens systématiquement, les seuls cas où je me retrouve en voiture sont les cas où des amis me proposent de monter avec eux et qu’il semble inconvenant de refuser par politesse ou quand on se déplace à plusieurs et que personne ne souhaite réaliser le trajet autrement.

Ainsi, lorsque l’on va au restaurant à une dizaine de collègues, on prend souvent trois voitures et on m’explique que dans ce cas, on aurait été bien embêté sans voiture.

Nous pourrions pourtant tous y aller à vélo, d’autant plus que la zone des restaurants ciblés est à à peine 5 km de l’entreprise… Pour avoir pris plusieurs fois mon vélo pendant que la plupart y allaient en voiture, nous arrivons au même moment, à plus ou moins 2 min d’intervalle (nombreux accès cyclables évitant le trafic pendant que les voitures passent par le périphérique).

Pourtant, chaque fois, j’ai le droit à une réflexion du type « mais tu ne vas quand même pas y aller à vélo ? ». C’est pourtant à la porté de toute personne en bonne condition physique sans gros effort… Mais pour éviter ce genre de réflexions qui revient à chaque fois, j’ai tendance à monter dans une des voitures (le fait que je monte ou non ne changeant rien au nombre de voitures sur la route de toute façon).

Je ne m’autorise généralement pas à indiquer que la voiture n’est pas la meilleure des solutions dans ce cas même si je le pense, n’estimant pas avoir plus raison qu’un autre sur ce choix, mais le côté indispensable mis en avant par certains est parfaitement inexact.

En ce qui concerne les courses, il est étonnant de voir à quel point la société de la voiture a mis en avant aux yeux de tous non seulement que l’automobile permettait de transporter des charges mais surtout qu’elle était la seule à pouvoir rendre ce service.

Les gens n’ont pourtant pas attendu l’arrivée de la voiture pour transporter des charges ! Porteurs, vélos-cargos, remorques, il est possible de transporter de très nombreuses et de très lourdes charges sans aucun véhicule motorisé comme l’illustre très bien cet ouvrage  que je recommande aux curieux de la logistique à vélo.

Pour les enfants, c’est pareil, entre la remorque et le train, on peut aller absolument partout. Dans l’absolu, l’usage de la voiture est probablement plus facile sur de longs trajets dans le cas d’une route parfaitement dégagée, mais elle n’est absolument pas indispensable.

Malgré quelques contraintes logistiques (accès aux gares et aux wagons pas toujours très aisés avec une remorque, même pliée), l’usage de la remorque et du train offre son lot d’avantages : possibilité de dormir, d’aller au petit coin, de manger, de lire, de se dégourdir les jambes, de laisser gambader les enfants, le tout sans s’arrêter, et absence de ceinture de sécurité nous collant au siège.

Dans le cas d’une sortie ou d’une entrée d’agglomération difficile et/ou d’embouteillages sur l’autoroute/nationale, la voiture devient même moins indiquée que le train + vélo.

Et globalement, pour un déplacement urbain avec les enfants, il en va de même que pour le transport de charges, avec le critère du confort en plus : remorques pour enfant, vélos-cargos aménagés pour les enfants, siège-bébé ou siège-enfant sur vélo, demi-vélo à accrocher au vélo adulte, il existe une multitude de solutions évoquées dans plusieurs articles de ce blog, qui encore une fois, démontrent que la voiture n’est absolument pas indispensable.

Quant à la rapidité d’un trajet, plusieurs démonstrations ont prouvé que la voiture était le véhicule le plus lent dans une agglomération. Au final, l’inconvénient du vélo lorsque que je pars en même temps que certains amis pour me rendre d’un point à un autre en ville est que je suis souvent obligé de les attendre à l’arrivée (le record étant d’une demi-heure d’attente sur le point d’arrivée un samedi soir…).

La voiture reste probablement indispensable pour les personnes à mobilité réduite, pour transporter des charges exceptionnelles (gros déménagement d’une région à une autre, déplacement de gros matériel très encombrant nécessitant un utilitaire) et pour les véhicules d’urgence, mais ces cas restent malgré tout exceptionnels.

Il est compréhensible que certaines personnes fassent passer le confort de l’automobile avant tout autre critère, mais il est plus étonnant que ces mêmes personnes pensent tout de suite aux inconvénients des autres moyens de transport sans penser un instant à ceux de la voiture et surtout, qu’elles pensent que ce rapport inconvénients/confort puisse rendre la voiture… indispensable.

Réflexion sur le transhumanisme : le côté indispensable de l’automobile

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Il existe un bon nombre d’alternatives à l’automobile, parmi lesquelles les transports en commun et les modes de transports actifs (vélo, roller, marche à pieds).

Mais malgré la promotion de ces différents types de déplacement, la voiture reste indispensable dans l’esprit de la majeure partie de la population occidentale.

Devant le nombre de personnes persuadées par cette idée, on pourrait se demander s’il faut être complètement déconnecté de la réalité pour imaginer qu’une vie sans voiture puisse être parfaitement possible pour la plupart des gens.

Je pense que le problème est pris à l’envers.

En y réfléchissant bien, l’idée semble farfelue : comment en est-on arrivé à penser qu’un objet coûtant un tel prix puisse être indispensable à la vie des gens ? Comment en est-on arrivé à penser que se passer d’un objet qui coûte tant d’argent puisse être un luxe ? Ou qu’à l’inverse, l’obligation de s’en passer pour ceux qui n’ont pas les moyens d’accéder à la possession d’un tel objet puisse être synonyme de marginalisation de la société ?

Et comment en est-on arrivé à penser que l’espace à taille humaine puisse être insuffisant au bien être des gens ?

Il y a deux cas d’absence automobile : ceux qui l’ont abandonnée et ceux qui n’en ont jamais eu.

Deux cas et deux façons de penser opposées :

– L’automobiliste repenti va se poser la question ainsi : « comment est-ce que je vais pouvoir continuer à aller à la salle de sport de la commune voisine si je n’ai plus de voiture ? Il va falloir que je trouve d’autres solutions, voir si un transport en commun permet d’y aller ou si le trajet est réalisable à vélo. Comment vais-je pouvoir transporter mes courses du vendredi soir ? Il va falloir que je trouve d’autres solutions, voir si certains types de vélos me permettraient de transporter de grosses charges. Comment vais-je partir en vacances ? Il va falloir que je vérifie si le train me permet de remplacer mon trajet automobile pour me rendre dans la ville où j’ai décidé d’aller »

– La personne qui n’a jamais eu de voiture va se poser la question ainsi : « j’habite à tel endroit, quelles sont les activités disponibles autour de chez moi ? Quelles sont les activités accessibles à vélo ? Et jusqu’où me permettent d’aller les transports en commun ? Quelles charges suis-je capable de transporter avec mon vélo ou à pieds ? Vais-je pouvoir continuer à aller voir telle personne si je m’éloigne de telle distance ? Qu’y a-t-il d’intéressant à voir dans mon coin ? Et à quels endroits m’amènent les trains disponibles pour les vacances ? »

Et c’est là que toute la différence se fait. Une fois qu’on a établi son mode de vie par rapport à la voiture, il faut revoir sa façon de vivre ou alors trouver des moyens alternatifs de déplacements qui peuvent être contraignants : aller à la salle de sport de la commune voisine sans transport en commun quand celle-ci est à 50 km, oui, c’est très contraignant. Certaines solutions comme le vélo électrique peuvent être des alternatives crédibles mais le but reste ici de combler le manque d’un mode de vie auto-centré.

La personne qui n’a jamais eu de voiture va au contraire rationaliser ses déplacements, privilégier la proximité et étudier ce qui est accessible.

On ne peut pas partir du principe qu’un produit aussi inaccessible qu’une voiture (prix, condition physique, capacité à conduire, etc.) puisse être indispensable à la vie de tous.

Et j’encourage ceux qui se posent la question « mais comment faire sans voiture ? » à se rapprocher des personnes qui n’ont pas la possibilité d’avoir une voiture et qui ont adapté leur vie à un espace humain et non à un espace transhumaniste qui n’est pas voué à devenir la norme mais à rester un luxe.