Je n’ai pas le choix !

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Lorsque paraissent certains articles sur la toile prônant l’usage des solutions alternatives à la voiture, une horde de commentaires paraissent souvent exprimant un semblant de désarrois masquant une justification mal assumée :

« Je n’ai pas le choix, j’habite à la campagne ! »

J’ai créé ce blog, à la base, dans le but de partager une expérience permettant de montrer d’autres choix à ceux qui souhaitaient explorer d’autres pistes que la voiture individuelle pour la majorité de leurs trajets.

Depuis, plusieurs connaissances sont venues vers moi en assumant difficilement des choix de vie isolée à la campagne ou leur dernière utilisation de la voiture pour se rendre à un mariage.

Il est vrai que certains prosélytes rejettent et fustigent tout choix de la voiture, mais comme je tente de l’exprimer à travers les divers articles depuis la création du blog, je n’estime pas être en mesure de donner des leçons de morale à qui que ce soit, mes idées n’étant pas forcément supérieures à celles des autres et n’étant moi-même pas exempt de défauts sur bien des décisions et choix de vie.

Le problème n’est donc évidemment pas d’avoir choisi d’habiter à la campagne et isolé de tout : c’est un choix qui peut être assumé, et qu’on n’a pas forcément envie de justifier. Après tout, choisir de privilégier un environnement sain et calme pour élever des enfants au détriment de la qualité de vie communautaire (pollution, création de grands axe routiers, etc.) peut être débattu avec le choix du respect de la vie communautaire au détriment parfois de la qualité de vie quotidienne du foyer.

Tout n’est bien sûr pas aussi simple et le premier choix a également des effets négatifs sur la qualité de vie du foyer (isolement communautaire et culturel, dépendance des enfants pour tout déplacement, etc.) tout comme le deuxième choix a des aspects négatifs sur la vie communautaire (le regroupement en agglomération urbaine de centaines de milliers de gens avec toutes les infrastructures que ça implique est-il idéal en terme du respect de la planète ?).

Tout ceci peut largement être débattu et je n’ai pas la prétention d’y apporter une réponse ici. J’irai même plus loin, ce n’est pas et ça n’a jamais été la prétention ni le but de ce blog.

En revanche, l’utilisation ou la justification de la voiture peuvent sembler grossières à certains moments, et c’est sur ces points qu’il peut être important de se pencher.

L’utilisation de l’outil voiture à outrance par habitude ou par éducation peut par exemple être changée pour le bien de tous et sans mauvaise contrepartie.

Il n’y a rien qui puisse justifier un trajet de moins de 5 km en voiture quand on n’a personne à transporter, rien à transporter et qu’il fait beau temps (je vois déjà les habitants des régions montagneuses me pointer du doigt)

Être frileux ou vouloir se protéger des intempéries, souhaiter s’aider d’un véhicule motorisé pour transporter des charges sur certaines distances ou pour transporter plusieurs personnes, avoir un problème physique ou de grandes distances à réaliser peuvent être des situations qui peuvent expliquer le choix de la voiture.

Dans 90 % des cas (source : pifomètre), il est possible de faire autrement, on ne peut donc pas dire « je n’ai pas le choix » (voir les autres articles du blog pour savoir comment), mais dans presque 100 % de ces cas, la voiture est la solution la plus confortable et peut donc se justifier si on accepte d’assumer le fait que c’est un choix de confort.

Ce qui est étrange, c’est que la plupart des gens avec qui j’ai pu débattre ne semblent pas assumer cette notion de choix de confort, comme si choisir le confort était la chose la plus inhumaine que l’on puisse faire et que cela nous faisait passer pour la plus abjecte des personnes.

Pourtant, garder ce confort pour ces conditions particulières mais choisir le vélo, la marche à pied ou les transports en commun dès que c’est possible permettrait déjà à une grande quantité de personnes de faire évoluer les choses de façon considérable.

Car une chose est importante : Le changement de certaines petites habitudes par le plus d’individus possible peut avoir un réel impact à grande échelle.

Sur pratiquement chaque publication sur la toile d’articles expliquant comment se rendre au travail à vélo, on peut lire le fameux message d’un intervenant « mais moi je peux pas, j’ai choisi une maison à 100 km de la première boulangerie dans une région où il pleut 300 jours par an ».

Alors oui, on peut avoir choisi une vie dépendante de la voiture et l’assumer, ce choix de vie peut être défendu par différents arguments, peut respecter une certaine vision de la vie et mérite un débat à part entière sur les priorités de la vie de chacun pour être jugé ou non.

Ce genre de conseil sur le vélo s’adresse évidemment à tous ceux qui voudront le lire et qui pourront en tenir compte, il y a énormément de gens qui pourraient sans aucun problème réel se rendre au travail à vélo la très grande majorité de l’année et qui ne le font pas. C’est la même chose pour tous les trajets utilitaires courts, car avoir un travail à 30 km sans transports et imposant la voiture ne justifie pas l’utilisation d’un moteur pour aller poster une lettre à la poste à 2 km.

Et même là, personne n’oblige personne à le faire, l’idée est simplement suggérée avec les conseils qui vont avec, car c’est comme ça que les choses avanceront, ces articles ne cherchent pas à juger les gens mais à apporter des conseils. Le fait qu’ils provoquent des levées de bouclier est assez symptomatique d’un malaise par rapport à l’automobile.

Mais commencer par arrêter de justifier des mini-trajets en voiture par son utilisation utile dans la plupart des autres cas et accepter que choisir un endroit de vie dépendant de l’automobile est un choix de vie qui peut largement se défendre et non un choix imposé, c’est déjà une belle avancée.

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