Petit dictionnaire auto à l’usage des cyclo (et inversement)

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PENSÉE AUTOMOBILISTE PENSÉE CYCLISTE
Il ne respectait aucun feu Il était toujours au-dessus de la vitesse autorisée
Il était en plein milieu de la route Il m’a frôlé en me rasant à 2 cm
Il circulait sur le trottoir sans gêne, sympa pour les piétons Il était garé sur un trottoir sans gêne, sympa pour les piétons
Il a pris un sens interdit, j’ai du me déporter pour passer alors que je devais avoir toute la voie, de plus c’est dangereux Il était garé sur une piste cyclable, j’ai du me déporter pour passer alors que je devais avoir toute la voie, de plus c’est dangereux
Il a tourné sans mettre sa main, j’aurais pu le renverser Il a tourné sans mettre son clignotant, il aurait pu me renverser
Ils ont autorisé les cycles à rouler à contresens et à tourner à droite au feu rouge, la loi devrait être la même pour tout le monde ! Ils ont créé une piste cyclable obligatoire sur le trottoir avec un stop à chaque intersection pour laisser la priorité aux voitures, la loi devrait être la même pour tour le monde !
De toute façon la plupart n’ont pas le permis, pas étonnant qu’ils fassent n’importe quoi Le pire c’est qu’ils ont le permis et que presqu’aucun ne respecte le code

Si vous en avez d’autres, soyez les bienvenus, et aidons-nous les uns les autres pour nous comprendre un peu mieux chaque jour 🙂

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Les cyclistes sont-ils supérieurs aux automobilistes ?

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Commençons directement par la réponse à cette question volontairement provocatrice : bien sûr que non. Personne n’est supérieur à personne, ou plutôt tout le monde est supérieur aux autres personnes dans ses domaines de prédilection et selon sa propre morale.

Lorsque certains cyclistes appuient sur le fait qu’ils aspirent à un monde ou la part de la voiture serait drastiquement réduite, ils se heurtent parfois à la réaction de certains automobilistes ne comprenant pas pourquoi les fautes des automobilistes (vitesse excessive, non respect des distances de sécurité, stationnement gênant, etc.) sont mises en avant alors que les fautes des cyclistes (non respect des feux, des stops ou des sens interdits, trafic sur les trottoirs, etc.) sont tout aussi gênantes pour la bonne entente et la sécurité de tous les usagers de la route.

Et en effet : un cycliste n’est en rien supérieur à un automobiliste et le non respect du code de la route représente une gêne et un risque pour tout le monde. Alors pourquoi continuer à chercher à réduire la part automobile et à mettre en avant le vélo comme une des principales alternatives aux modes de transport individuels motorisés ?

En fait, qu’il soit cycliste, automobiliste, piéton ou autre chose, l’Homme est relativement individualiste et fait passer la plupart du temps ses attentes personnelles avant la loi et avant la sécurité d’autrui. Il est relativement rare qu’il cherche délibérément à provoquer un danger mais le besoin personnel prioritaire masque la conscience de ce danger.

Il ne faut donc pas se focaliser sur la personne qui se déplace et qui pense rarement aux choix qui l’ont amené à utiliser tel ou tel mode de déplacement lorsqu’elle effectue un trajet, mais sur le mode de déplacement lui-même et sur la globalité de ce que son utilisation implique.

Outre le comportement de certains automobilistes, le principal problème que représente la surabondance de l’automobile est sa surexploitation de l’espace, qu’il soit sonore, visuel, matériel ou olfactif. Je mettrai de côté volontairement le problème écologique qu’elle peut représenter car il représente un débat à part entière dont elle n’est pas forcément le centre selon moi.

– Malgré tout, les gaz rejetés que l’on renifle directement et qui sentent mauvais équivalent à fumer plusieurs cigarettes au nez de quelqu’un.

– Le bruit émis par les véhicules motorisés oblige parfois à stopper une conversation lorsqu’ils passent à proximité car on ne s’entend plus. Au-delà de ces instants brefs et particulièrement en ville, le bruit général provoque une sorte de fond sonore omniprésent et entêtant.

Ces deux problèmes majeurs pourraient être réglés par des motorisations différentes, les deux suivants, non :

– La place énorme occupée pour avancer et pour stationner et les aménagements urbains que cela force à réaliser pour lui donner l’espace dont elle a besoin (parkings, voirie) entraînent une défiguration des paysages urbains et ruraux et un coût extrêmement élevé pour mettre en place et entretenir les infrastructures nécessaires. Très peu d’espace est laissé aux premiers usagers de la voie publique : les piétons, qui ne sont plus maîtres de la ville ou promeneurs des campagnes mais des éléments gênants qu’on a placé sur les côtés de la route pour laisser passer l’automobile, qui, même si elle n’est pas prioritaire selon la loi, l’est de fait.

– Et enfin, le danger qu’elle représente n’est pas seulement imputable aux chauffards inconscients : l’erreur étant humaine, la moindre baisse d’attention ou la moindre erreur de manipulation peut entraîner blessures ou mort des autres usagers, qu’ils soient piétons, cyclistes, et même automobilistes. Et même sans erreur du conducteur, elle reste un danger omniprésent et permanent pour toute erreur commise par un autre usager (un enfant qui traverse au dernier moment sans regarder par exemple).

Au delà du comportement des uns ou des autres, c’est bien la surabondance de l’objet voiture qui est pointée du doigt comme une nuisance générale.