« Ça serait sûrement mieux en voiture »

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La plupart du temps, l’automobiliste imagine que parcourir certaines distances à vélo est compliqué si l’on ne possède pas une condition sportive hors du commun. C’est évidemment très compliqué pour certains d’entre eux, mais le nombre d’automobilistes s’imaginant les efforts demandés est bien au-dessus de ces cas particuliers.

Il s’imagine également que faire un trajet à vélo expose aux intempéries 90 % du temps. Il ne s’imagine pas une seconde que se trouver sous la pluie pendant un trajet aussi régulier que le trajet domicile-travail est assez rare et que les jours de pluie vraiment gênante (vêtements détrempés à l’arrivée en cas d’oubli de protections adaptées) dépassent rarement le nombre de 5 par an … dans le pire des cas. (Constat personnel en région parisienne et en région nantaise pour des trajets de 20 min en moyenne sur plusieurs années).

Tout cela n’est pas un reproche : il semble logique d’appréhender et de s’imaginer un tas d’idées façonnées par un mélange de craintes, de préjugés, d’expériences de jeunesse difficiles, de on-dit et de satisfaction de sa situation propre. Mais l’automobiliste étant avant tout humain, une sorte d’empathie faussée par ses idées biaisées lui fait parfois prendre en pitié les pauvres cyclistes affrontant le froid et le vent pour arriver à destination.

Je ne compte plus les fois où l’on m’a très gentiment proposé de me raccompagner en voiture car ça serait sûrement « beaucoup plus agréable pour moi » et que pour une fois, il fallait que « j’en profite ».

Que répondre alors ? La proposition part d’un bon sentiment, c’est évident, mais elle implique plusieurs choses :

– que je considère mon trajet à vélo comme désagréable
– que j’utilise un vélo par dépit et non par choix
– que ce même trajet serait plus agréable en voiture

Or, ces trois conditions ne peuvent être imaginées que par un esprit qui appréhende le vélo et qui se fait une représentation complètement faussée de la réalité sur ce point.

On comprend donc qu’il lui sera difficile de tenter autre chose que l’automobile pour ses déplacements, son esprit ayant classé tout autre type de déplacement comme à fuir par tous les moyens et l’automobile comme réponse à tous les problèmes.

Il en vient alors à imaginer un monde où tout ce qui toucherait à l’automobile serait idéal et tout ce qui toucherait au vélo serait lié à la fatalité.

« J’ai crevé sur la route » -> « C’est le problème avec le vélo »
« On m’a coupé la route » -> « ah ça, les accidents de vélo »
« Une personne a malencontreusement accroché son cadenas à mon vélo » -> « ça n’arriverait jamais avec une voiture »

Ainsi, en voiture, on n’a pas de panne, on n’a pas d’accident et il n’y a pas d’incivilités liées à des stationnements gênants.

Ces situations sont relativement rares et ne sont que des exemples mais sont systématiquement relevées et appuyées pour prouver le fait que le vélo est un moyen de transport lié à de très nombreux problèmes et qu’il semble parfaitement inadapté aux trajets utilitaires.

Chaque cycliste a au moins vu un automobiliste avoir un léger sourire dès qu’il a évoqué un problème survenu sur un trajet à vélo.

Mais lorsque l’on parle d’embouteillages, de coût des déplacements, des difficultés de stationnement et autres joyeusetés de l’automobile, on constate souvent qu’il s’agit de la situation normale, « qu’il faut bien faire avec », que la « vie n’est pas toute rose » et « qu’ainsi va la vie, que veux-tu ? ».

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