Désolé, je ne vous avais pas vu

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– Mais vous avez manqué de me rentrer dedans !
– Ah, désolé, je ne vous avais pas vu !

C’est l’excuse que les cyclistes et les piétons ont du entendre le plus souvent. Dans ces situations, le conducteur est en général conscient d’avoir fait une erreur et n’a réellement pas voulu commettre la faute qui l’a amené à manquer de peu de vous faucher.

Et c’est peut-être le plus grave : Contrairement à l’automobiliste roi de la route, persuadé que les autres doivent le laisser passer, qui met consciemment la vie des autres en danger, qui a une certaine capacité de contrôle plus ou moins efficace sur les mouvements de son automobile, le distrait n’a absolument aucune maîtrise de la situation qui se produit à son insu.

J’entends souvent mes collègues parler de ce qu’ils nomment des « petits accidents » dans lesquels la voiture est partie sur un trottoir ou dans lesquels ils ont « échappé de peu au carton » sur un rond-point sur lequel « un mec à vélo » qu’ils n’avaient pas vu s’était engagé avant eux.

On retrouve également cette situation lorsque les automobilistes souhaitent tourner à droite en coupant la piste cyclable qu’ils traversent, un beau refus de priorité (petit rappel élémentaire du code de la route : tout changement de voie fait perdre la priorité sauf mention contraire de la signalisation routière, quand on traverse une piste cyclable, on quitte sa voie pour empiéter sur une autre, on n’est donc pas prioritaire).

Certains le font consciemment en estimant mal la vitesse du cycliste, en ignorant le code de la route ou en estimant que personne n’a la priorité sur eux : ces gens là feront un écart ou enfonceront la pédale de frein si vraiment l’accident est inévitable.

Ceux qui ne vérifient pas leur rétroviseur et leur angle mort par négligence ou par distraction risquent le pire et ne pourront compter que sur l’anticipation des autres (du cycliste dans ce cas), et devant l’énervement de la victime du refus de priorité, répondront bien souvent avec toute la sincérité du monde « désolé, je ne vous avais pas vu ! ».

Que faire de cette excuse ? La croire, nous n’avons pas été vu, là est précisément le problème. Que se serait-il passé si cette victime de refus de priorité avait été un enfant moins capable d’anticiper les dangers de la circulation ?

On se retrouve à devoir expliquer le code de la route à nos enfants afin qu’ils respectent au mieux la circulation tout en leur expliquant que les autres risquent bien souvent de ne pas le respecter même inconsciemment.

Certains diront que cela fait partie de l’éducation des enfants. Je répondrai que ce n’est pas normal, que lorsque l’on a un engin capable de tuer entre les mains, on se doit d’être vigilant à chaque instant.

Certains répondront que c’est impossible. Je les invite à se remettre en question sur le bien fondé de l’utilisation de leur véhicule : les courses du vendredi soir et la maison individuelle du dernier lotissement construit à 20 km de la ville valent elles la vie d’un enfant ?

Tous ces petits accidents qui font sourire et font fleurir les anecdotes de boulot auraient pu être dramatiques. Mais tant qu’on est désolé …

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3 réflexions sur “Désolé, je ne vous avais pas vu

  1. C’est en effet l’excuse la plus entendue lorsqu’on essaye de discuter avec les conducteurs qui nous ont mis en danger. Je porte toujours mon gilet orange reflechissant. Hier encore, je suis aller interpeller un conducteur de camionette qui m’avait frole. Sa reponse a bien entendu ete: Ah desole, je ne vous ai pas vu, ou etait-ce? Avec un petit sourire qui voulait dire: Mais qu’est ce qu’il me veut celui-la… Ne prenant pas une seule seconde conscience de la mise en danger.
    C’est assez difficile d’entendre cela, parce qu’on realise vraiment qu’on est « en sursis » face a la distraction des conducteurs.
    J’apprecie tout particulierement cette phrase:
    « Je répondrai que ce n’est pas normal, que lorsque l’on a un engin capable de tuer entre les mains, on se doit d’être vigilant à chaque instant. »
    C’est tellement vrai, et malheureusement, la societe ne fait pratiquement rien pour proteger la population de ces engins capable de tuer….

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